Manchot des Galápagos
Présentation
Le manchot des Galápagos est la seule espèce de manchot vivant à l’état sauvage au nord de l’équateur, et l’un des manchots les plus rares de la planète : une présence étonnante, quand la plupart de ses cousins vivent sous des latitudes australes bien plus froides.
Caractéristiques physiques
Petit et svelte comparé à la plupart des manchots, avec une tête noire soulignée d’un fin trait blanc, une bande noire sur la poitrine blanche et des zones de peau nue rosée autour des yeux et à la base du bec qui l’aident à évacuer la chaleur sous le soleil tropical.
Habitat
Côtes volcaniques rocheuses donnant facilement accès à des eaux froides et riches en nutriments ; il niche dans des grottes, des fissures et des terriers de la roche volcanique, qui protègent œufs et poussins du soleil équatorial.
Répartition
Presque entièrement limité à Fernandina et à la côte ouest d’Isabela, où le courant froid de Cromwell remonte près du rivage ; quelques individus sont aussi observés à Bartolomé et Santiago.
Alimentation
Petits poissons vivant en bancs, comme les mulets et les sardines, chassés lors de plongées courtes et rapides près des côtes.
Comportement de chasse
Il chasse souvent en petits groupes, rabattant les bancs de poissons vers les eaux peu profondes ou contre les rochers pour se nourrir plus efficacement, une stratégie qu’utilisent aussi certaines otaries avec lesquelles il partage ces eaux.
Reproduction
Contrairement à la plupart des manchots, sa reproduction n’est pas liée à une saison fixe : les couples nichent dès que l’eau froide et la nourriture le permettent, élevant parfois deux couvées une bonne année et aucune une mauvaise.
Parade nuptiale
Monogame, il garde généralement le même partenaire au fil de nombreuses tentatives de reproduction ; toilettage mutuel et petits coups de bec renforcent le lien du couple entre deux nidifications.
Quand l’observer
On l’observe le plus sûrement dans le canal Bolívar, entre Isabela et Fernandina, et autour de Pinnacle Rock à Bartolomé, où on le voit souvent nager par bonds ou se reposer sur les rochers.
Évolution
Ses ancêtres seraient arrivés du sud en suivant le courant froid de Humboldt, puis se seraient adaptés aux conditions équatoriales grâce surtout à la remontée d’eaux froides du courant de Cromwell, qui garde l’eau bien plus fraîche que ne le permettrait sa latitude tropicale.
Conservation
Classé en danger, avec une population totale estimée à seulement 1 000 à 2 000 individus. Les épisodes El Niño, qui freinent la remontée d’eaux froides dont dépend sa nourriture, peuvent provoquer de fortes chutes de population, ce qui en fait l’une des espèces les plus sensibles au climat de l’archipel.
Lien avec les Galápagos
La présence du manchot des Galápagos si près de l’équateur est une conséquence directe et visible de la même rencontre de courants océaniques qui rend la vie marine des îles si exceptionnellement riche pour une latitude tropicale.
Le regard du naturaliste
Comme toute sa population dépend d’une étroite bande d’eau froide et riche en nutriments, les chercheurs utilisent souvent le manchot des Galápagos comme indicateur précoce d’El Niño : une mauvaise saison de reproduction ici peut être l’un des premiers signes visibles d’un changement plus large des courants du Pacifique oriental.
En un coup d'œil
| Nom scientifique | Spheniscus mendiculus |
|---|---|
| Taille typique | Environ 49 cm, ~2,5 kg, la deuxième plus petite espèce de manchot |
| Alimentation | Petits poissons vivant en bancs : mulets, sardines, anchois |
| Statut de conservation | En danger (UICN) |
D'autres espèces à découvrir
Une vie entière de connaissances sur les Galápagos, réunie dans un ebook.
Recevoir l'ebookRédigé par des naturalistes nés aux Galápagos. Découvrez qui se cache derrière ce savoir