Otarie à fourrure des Galápagos
Présentation
L’otarie à fourrure des Galápagos est souvent confondue avec l’otarie des Galápagos, bien plus visible, mais c’est une espèce distincte et plus petite, à la biologie particulière : la plus petite otarie à fourrure et le plus petit de tous les otariidés du monde.
Caractéristiques physiques
Une épaisse fourrure double (le trait qui a failli causer son extinction, voir Conservation), des yeux nettement plus grands et un museau plus court et plus pointu que celui de l’otarie, des adaptations à son mode de vie en grande partie nocturne.
Habitat
Côtes rocheuses, souvent escarpées et ombragées, et grottes de lave ; elle évite généralement les plages de sable dégagées prisées des otaries, ce qui aide cet animal à l’épaisse fourrure à ne pas surchauffer sous le soleil équatorial.
Répartition
Présente sur les portions de côte les plus rocheuses d’une grande partie de l’archipel, généralement en groupes plus petits et plus dispersés que les grandes colonies d’otaries.
Alimentation
Surtout des calmars et des poissons, en particulier les espèces qui remontent vers la surface la nuit.
Comportement de chasse
Contrairement à l’otarie, l’otarie à fourrure se nourrit surtout la nuit, plongeant pour intercepter poissons et calmars qui remontent à la tombée du jour : une stratégie qui lui permet d’exploiter des ressources avec moins de concurrence de la part des otaries, plus actives le jour.
Reproduction
Les femelles donnent naissance à un seul petit et l’allaitent pendant une période exceptionnellement longue (jusqu’à deux ou trois ans, l’une des plus longues chez les pinnipèdes), l’implantation différée allongeant encore le cycle de reproduction.
Parade nuptiale
Les mâles territoriaux patrouillent et défendent des portions de côte rocheuse plutôt que de grands harems sur des plages ouvertes, avec généralement des territoires plus petits et moins de femelles qu’un mâle d’otarie typique.
Quand l’observer
Mieux vaut la chercher dans les criques rocheuses ombragées et les grottes de lave que sur les plages dégagées : les côtes rocheuses d’Isabela et de Fernandina sont de bons endroits, où elle se repose souvent tranquillement à l’ombre aux heures chaudes.
Évolution
Otaries à fourrure et otaries descendent d’un ancêtre commun, les premières ayant généralement conservé une fourrure isolante plus dense, adaptée aux régions plus froides de leurs ancêtres : un trait que l’otarie à fourrure des Galápagos gère aujourd’hui sous un climat tropical en chassant la nuit et en recherchant l’ombre, plutôt qu’en perdant sa fourrure.
Conservation
Chassée intensivement pour sa précieuse fourrure aux XVIIIe et XIXe siècles, l’espèce a été poussée au bord de l’extinction avant qu’une protection internationale ne permette un lent rétablissement. Elle reste classée en danger et, comme l’otarie des Galápagos, est sensible aux pénuries de nourriture liées à El Niño.
Lien avec les Galápagos
L’histoire de l’otarie à fourrure est un contrepoint direct et sobre aux succès de la tortue géante et de l’iguane terrestre : un rappel que les protections de la faune de l’archipel existent parce que plusieurs espèces ont été tout près de disparaître.
Le regard du naturaliste
Comme elle se nourrit surtout la nuit, on a bien plus de chances de croiser une otarie à fourrure au repos dans une fissure rocheuse ombragée en journée que de la voir nager énergiquement au large : c’est en scrutant patiemment les recoins ombragés de la côte, plutôt que l’eau libre, que l’on finit par l’apercevoir.
En un coup d'œil
| Nom scientifique | Arctocephalus galapagoensis |
|---|---|
| Taille typique | Jusqu'à 1,5 m et 65 kg, la plus petite otarie à fourrure et le plus petit otariidé du monde |
| Alimentation | Calmars et poissons, chassés surtout la nuit |
| Statut de conservation | En danger (UICN) |
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